122 — Montfermeil, Les Bosquets

Montfermeil, Les Bosquets

Montfermeil, Les Bosquets

Photo prise par Xavier Dulauroy

Ici, ce n’est pas l’enfer dont s’abreuvent les journaux ou la télévision. Ce n’est pas non plus l’enfer dans lequel est plongé Cosette quand elle tombe entre les mains des Thénardiers. Non, les Bosquets ce sont des souvenirs d’enfance. Des souvenirs perdus aux confins des années 60, aux prémices des années 70.

Les couleurs des Bosquets ne sont pas nettes et froides comme celles du numérique, mais plus granuleuses, saturées, admirables comme celle d’une Kodrachrome 64 : Les couleurs de la nostalgie.

Dans cet univers où règne en dictateur le béton, quelques arbres sont posés là, improbables alibis. Les barres, hautes de leurs 11 étages, entourent un grand parc de sable. Pour tendre le linge, pour aller voir les amis, on passe par le toit. On monte, on descend, on se crée des labyrinthes que n’auraient jamais imaginé les cartésiens architectes qui ont inventé ce triste monde de symétries.

Mon domaine est planté au neuvième étage d’une de ces barres. Un appartement où la lumière s’invite par flot constant par la fenêtre du salon. Il y a cette chambre qui se peuplera d’une petite sœur, il y a aussi cette entrée ouvrant sur un triste palier, siège d’un monde mystérieux d’ascenseurs et d’escaliers.

Mon domaine s’étend au bac à sable, au toit (où je m’essayerai funambule marchant sur une fine margelle prise entre le grillage et le vide), à l’école si grande, si lointaine vers laquelle parfois il faut courir pour arriver à l’heure…

Puis il y a eu cette autre petite sœur qui ne venait pas, qui n’arrivait pas à la maison. Il y a eu cette cour d’hôpital,cette attente, cette joie de l’entre-apercevoir par une fenêtre.

Elle ne connaîtra pas cet univers de couleurs saturées. Un jour nous le quitterons. Versailles nous accueillera. Elle arrivera enfin. Fin de l’insouciance.

En fermant une dernière fois cette porte de cet appartement, c’est la vie qui a commencé. Enfin une autre vie.

3 juin 2013

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30 réflexions sur “122 — Montfermeil, Les Bosquets

  1. Preum’s!
    C’est toi le p’tit bonhomme en culottes courtes? Joli billet.
    Si j’ai bien lu : Joyeux anniversaire!
    Les bises à vous.

  2. Voilà un texte qui arrive bien pour rappeler que c’est ton anniversaire.
    Sache, que tu m’as arraché une petite larme.
    Bises.
    Xavier ton papa.

  3. « Passe, passe le temps… »mais les souvenirs sont toujours là , vivaces.C’est terrible la mémoire , et c’est merveilleux.
    Et bon anniversaire.

      • Beau billet appelant à la mémoire.
        Pour moi, c’est le centre de l’humain, ma mémoire est le lieu de vie de tous mes morts de tous mes endroits, tant que je vis et que ma mémoire existe, tous ceux à qui je pense vivent, pas besoin de statut ni de tombe.
        Encore bon anniversaire.

        • ce qui est importe est-ce la mémoire ou ce qu’on en fait ?

          Mais oui tous ceux qui sont dans notre mémoire vivent. D’ailleurs il serait judicieux d’oublier les dieux qu’ils puissent enfin crever en paix.

    • ça marche,

      le premier commentaire d’une personne doit être validé avant d’apparaître.

      Maintenant tu peux publier tous les commentaire que tu veux ils apparaîtront directement.

      Le texte n’est pas aller exactement où je pensais. J’avais imaginer un truc plus léger.

    • Moi j’y connais plus personne. J’y suis retourné il n’y a pas trop longtemps, mais je n’ai pas poussé jusqu’aux Bosquets.

      Un de mes oncles y a vécu jusqu’au début des années 80, puis il s’est installé à Montreuil.

      J’aimais bien les Bosquets.

  4. bon anniv’ l’ami, et moi aussi ça m’a rappelé pas mal de souvenirs d’autres barres de béton, c’était à Trappes, début de la fin des années 60.

  5. Je n’ai qu’un jour de retard pour te souhaiter un bon anniversaire.
    Bonheur de retrouver tes photos (oui, je sais, pas celle-là) et ta poésie.
    Coïncidence: Monsieur Malatrie bosse à Monfermeil, ces jours-ci,pendant que Dame Malatrie commente à ses élèves zindignés la vie de Cosette au Sergent de Waterloo :-)

  6. et ben moi c’était le fin fond du morvan ou la première modernité que j’ais vu ca a été le seau (on disait un scio) en plastik c’était moins lourd que celui en fer pour le puit

  7. d’ailleurs on vous échangeais un placard en formica contre 2 armoires en chênes avec la vaisselle dedans et pour les plus recalcitrants une table en formika en kdo regarder ma bonne dame un coup d’éponge elle est neuve arguments imparable face a l’encaustique

  8. a part ca le plaisir de faires de grandes cabanes bien caché dans la forêt et d’y emmener les filles pour leurs faire faire la cuisine on s’est bien amusé soupe de tétards et autres délices bio avant l’heure et quelques girolles pour le retour a la maisons et l’alibi

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