116 — Palenque

Le Château - Palenque

Le Château – Palenque

***

Le matin a oublié d’être frais. Il prend un malin plaisir à coller les vêtements sur le corps à peine le bus quitté. Plombé, le ciel sourit et par cruauté laisse passer quelques rayons de soleil qui viennent surchauffer un air qui est déjà au bord de l’ébullition. D’immenses arbres déjouent ce terrible plan, protégeant le visiteur de l’anéantissement.

Malgré ce piège, c’est la surprise et la beauté, l’errance et le désir qui submergent. Une pelouse trop verte, trop parfaite se fait hôtesse d’accueil. Les arbres protecteurs, tels les meilleurs scénaristes, maintiennent le suspens.

Vient la gifle, magistrale, au moment où ils s’ouvrent et livrent enfin les premières ruines, les premières pyramides. Le regard perd alors toute capacité à se fixer, à faire un choix. Soleil, chaleur et humidité sont vaincus. Hâte et lenteur se mêlent en d’improbables paradoxes. La tête prise de rage veut tout voir, tout découvrir. Le corps, lui, se veut alangui, patient, paresseux.

En se dévoilant Palenque plonge chacun dans son labyrinthe ou ses fantasmes. L’un est cet aventurier qui a voulu être roi, qu’ils ont pris pour un dieu et qu’une simple écorchure a condamné à mort. L’autre est ce fier guerrier revenant triomphant et glorieux dans sa puissante cité. Un autre enfin, un simple insecte se faufilant dans le moindre recoin. Il épie chaque mystère pris entre pierre et jungle ; ceux du temps, ceux de la nature et même ceux des hommes.

Que le chemin grimpe, chaque pyramide offre sa perspective, qu’il descende, chaque pierre offre son histoire, irrésistiblement il entraîne vers la jungle. L’heure est venue, il faut y entrer.

Le premier pas est une offrande, le second, un abandon. Ici, l’individu se perd, se fond dans la multitude. Ses sens ne sont plus les siens. Ses émotions sont un partage. Même le plus arrogant des conquistadors devient humble… ou meurt. Ici, humidité et surprise gouvernent, la nature est reine, l’homme un parasite.

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39 réflexions sur “116 — Palenque

    • En vrai c’est encore mieux.

      Surtout le matin juste à l’ouverture du site, avant que débarque les touristes à bracelets de plastoque.

  1. Endroit fabuleux aussi.. dans le coin « Chapias » ils y a pleins de sites non touristique que tu peux visité aux petit matin moyennant quelques dinéros au gardien… et là, c’est la magie… la jungle avec ses habitants te font sursauté en s’enfuyant bruyamment pour les uns ou furtivement pour les autres…

    • Un des endroits qui m’a le plus impressionné au Chiapas c’est la Laguna escondida. Tout à fait ce que tu décris. Les bruits permanents de pas qui s’éloignent et souvent tu ne sais même pas ce qui s’enfuit.

  2. Oui ils habitent à coté de chez Mon à Grenoble… ils sont cool, ils ont pris une année sabbatique pour faire leur balade au Mexique.. Lui il bosse dans une boite qui fabrique les supra-métaux pour les microprocesseurs, et elle après des études d’ethnologie et elle bosse pour une boite qui est dans le commerce équitable…

      • Un peu tout de même… Ce qui est super c’est que tout le monde parle Espagnole, d’autant que les enfants ont été à l’école là bas….

        • j’ai vu ça. Et j’ai vu une passion certaine pour la côte pacifique de Oaxaca, ce que je comprends à merveille.
          N’empêche ça doit être la classe avec les copains tout ce qu’ils ont a raconté. Mais la vie sédentaire dans la grisaille franchute ça doit pas être simple.

          • Ils y sont retourné il n’y a pas très longtemps, pendants les dernières vacances de Noël je crois, ils y étaient invité pour un mariage et ils y sont resté une quinzaine de jours… et je pense qu’ils y retourneront des qu’ils le pourrons…. ;-)

    • des baleines dans le golf du Mexique ou dans la mer des caraïbe j’ai du mal à imaginer le concept. Enfin si on cause de cétacé bien sûr.

  3. Au cours des mois de Juillet/Aout, ce spot offre la plus grande concentration de requins baleine au monde. Ici, ces animaux passent leur temps a avaler de grande quantité de plancton. Nombreuses sont aussi les raies manta et les dauphins qui croisent dans a proximité.
    Mexique : Isla de Holbox aout 2010)

    • dauphin et raie ouias on en avait vu.

      par contre le requin baleine c’est un poisson pas un cétacé ;).

      chouette bestiole en tout cas.

      Il y a des mers chaudes avec de baleines ?

      Holbox c’est vraiment un endroit de pure folie. Même avec les escadrons de la mort de moustiques ça reste un paradis.

        • Dans le sens où une nouvelle route sera probablement tracée. Et à chaque fois qu’une route est tracée c’est accompagné par l’urbanisation, par la destruction de la forêt etc.

          Pis plus poétiquement chaque fois qu’une citée perdues est découvertes c’est un peu de mystère qui s’efface.

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