39 — Palmyre

à Claudio pour ses silences face à l’admirable

Palmyre

Palmyre depuis les ruines de la cité antique

 

Il erre en compagnie du froid, gardant les palmiers comme point de référence, il s’enfonce dans le désert. Sur l’arrête d’une dune, il observe, ému, les rares brins d’herbe qui dansent et dessinent sur le sable des cercles parfaits. Dans le lointain, résonne la voix du muezzin, signal du retour. Là-bas, dans Palmyre, l’attend un thé chaud.

Il est assis, le regard oublié dans un autre âge. Appuyé sur sa canne, il raconte dans un français approximatif sa campagne de France. Ses mots, ventriloques, sortent de la bouche de son petit-fils qui les rend admiratifs.

Assis à la table voisine, les 2 voyageurs écoutent ce lent monologue et s’étonnent de cette vénération pour le général.

Leurs regards vagabondent sur la ville et son oasis, sur les ruines de la cité antique, terrain de jeux de tant d’enfants, sur la citadelle, rayonnante sur sa colline, qui rend hommage à l’astre couchant.

Ils marchent sans se poser, malgré la faim. Ils écoutent la rue, puis une voix qui les invite et qu’ils suive. Une pièce chaleureuse les reçoit. Un foulard retrouve sa tête. Les mots sont rares mais précieux, surtout quand ils viennent du regard. Même si l’accueil aura son prix, en sortant, réajustant les polaires, boîtes de figues sous le bras, ils remercient les étoiles pour cette belle rencontre.

La reine Zénobie proclame son rêve d’un empire romain d’orient et chrétien. Rome s’en offusque, Rome la capture, Rome la marie, veut l’oublier.

Pourtant, la ville impériale l’observe, impuissante. Elle marche éternellement dans les rues de sa ville, longe le splendide temple de Baal. Sous la lune, elle entraîne les voyageurs dans la vallée des tombes. Les tours, où reposent tant de générations, les subjuguent. Le sable et les chiens offrent un concert en l’honneur de la grande reine.

Mes histoires s’éteignent. Ces légendes que le vent m’a raconté, je vous les offre. Contez ce pays des sables paisibles, afin qu’il le redevienne.

Buenos Aires le 20 mars 2014

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18 réflexions sur “39 — Palmyre

      • Le Krak, un angle poétique possible, c’est de l’aborder par le respect qu’il inspirait à ses adversaires, qui ne l’ont pas détruit d’ailleurs.
        Ou alors comme un repaire de gros fachos, mais là ce serait décevant pour ce blog ;-)

          • Les états latins d’orient, c’est une période fascinante. Réduire ça à une guerre de religion, ou ethnique, c’est absurde. Si ça avait subsisté, ça aurait donné lieu à une civilisation orientale originale entre chrétienté et islam, et je suis sûr que la région et les rapports Europe – Proche Orient en seraient plus apaisés aujourd’hui.

                  • Je ne suis pas assez savant en croisades pour te répondre. Mais je me dis que c’est comme ça : tu ne peux pas chercher à attirer des aventuriers, et vouloir qu’ils se comportent autrement une fois sur place.
                    L’alchimie de cet endroit à cette époque, c’est que malgré tout, quelque chose s’est passé sur le plan culturel. Si les rois d’Europe avaient mieux planifié leurs croisades au 13è, et continué l’effort au 14è, je me dis que tout le Proche-Orient serait un monde à part comme tu les aimes.

                    • tu as p’tre raison.

                      c’est Renaud de Châtillon qui a décidé Saladin de virer les francs.

                      J’ai effectivement l’impression qu’à Jérusalem il y avait eu un début de « fusion ».

                      Bon après Saladin c’est les prémices de l’impérialisme Ottoman (pas tapé j’fais de vilain raccourci je sais).

                      Quand tu traînes dans ces châteaux, surtout le Krak et Shobak, Karak ou kerak c’est moins fascinant, même si super bien conservé, Il y a vraiment un truc qui passe.

                      Le krak on est rentré à 10h du matin et on est sorti à 18h et le temps et passé comme ça en un claquement de doigts.

        • le repaire de facho j’aurai p’tre fait sur Kerak, mais j’en causerai pas je parlerai par contre d’un autre château franc celui de shobak.

    • Tiens, c’est marrant, je lui parlais de ça, en privé ( mais il ne m’a point répondu, le mufle).

  1. Bonjour, Merci.

    La phrase de présentation sous la photo : je suggère soit – … les antiques ruines de la cité. soit – … les ruines de la cité antique.

    Quatrième paragraphe avant la fin :/ »//Ils marchent sans se poser, malgré la faim. Ils écoutent la rue, puis _une voix qui les invitent_ et qu’ils suivent. « / préférer l’écriture suivante : une voix qui les invite, et qu’ils suivent. (c’est la voix qui invite)

    Du strict point de vue de la présentation, qui reste un choix personnel et est donc indiscutable, je proposerai volontiers de mettre le texte en alignement ‘justifié’. Il me semble que les paragraphes sont plus réguliers, et la lecture est plus aisée. Voilà.

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